Vous serez forcément d'un de leurs avis (ou pas)

J’ai aimé

Dans Animation, Comédie, disney, Drame, Pixar le 30 juin 2010 à 00:35

Retrouver les héros qui ont bercé notre enfance en image de synthèse, onze après leur dernière “Histoire de jouets”, est un régal ! Qu’on se le dise : Toy Story 3 est une réussite. Les dernières productions Pixar, pourtant acclamées par le public et la presse, ne faisaient guère rêver : comment s’émouvoir d’un pépé grincheux et sa maison-montgolfière (Là-Haut), ou comment gâcher une histoire d’amour entre d’adorables robots ? En faisant apparaître des humains obèses derrière une tirade politico-écolo (Wall-e) ?

« Un côté faussement naïf… »

Toy Story 3 narre la nouvelle vie des jouets d’Andy, 17 ans, qui rentre à l’université ; certains sont destinés au grenier, d’autres à la poubelle…
Finalement, ils se retrouveront dans une garderie très «spéciale».

Malgré le côté enfantin, faussement naïf du dessin animé, des thèmes «adultes» sont abordés à plusieurs reprises tout le long du film. Le premier est sans aucun doute le « temps » qui passe : l’enfant Andy est devenu un ado, qui préfère désormais tapoter sur son clavier d’ordinateur que de jouer avec Woody, Buzz, Zig-Zag et les autres (et on le comprend !), est ainsi le point de départ de cette aventure.

À partir de là, les jouets se scinderont en deux clans : ceux qui verront là une nouvelle opportunité de vie, de jouer avec d’autres enfants (n’est-il pas là le but d’un jouet ?), et ceux qui resteront fidèle à Andy (un jouet appartient toujours à son « maître »).
Ce dernier groupe ne sera finalement composé que de… Woody !

Très vite, la plupart se retrouveront à la merci des enfants d’une crèche dirigée par un mystérieux nounours rose. Encore une fois, l’union fera la force à plusieurs reprises pour sortir la troupe de mauvais pas.

« Un chef-d’œuvre qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants »

Dans la lignée de ses deux prédécesseurs, Toy Story 3 brille non seulement par ses animations graphiques mais aussi, et surtout, par son humour et sa mélancolie. Nombreuses sont les scènes qui nous feront sourire, voire rire, à commencer par les traditionnelles disputes de la famille Patate, des crétineries de Rex, du couple Ken/Barbie ou encore de ce Buzz l’Éclair mode «espagnol» (dont le running gag s’essouffle bien rapidement).
Mais ce troisième opus est aussi marqué par une pointe de tristesse, distillée pixel par-ci par-là. La séparation des jouets entre eux et d’Andy est évidemment une des principales raisons.
Le dernier quart d’heure du métrage, chargé d’émotions, verra ainsi une scène, qui n’est pas sans rappeler Wall-e, tirant les larmes aux yeux au possible des spectateurs. La scène finale en fait sans doute beaucoup trop dans le même genre, mais peu importe. Le générique clôture efficacement, et avec humour, ce chef-d’œuvre d’animation !

La 3D de ce dessin animé est, comme la plupart des films 3D, complètement inutile. Pas de profondeurs de champs ou d’éléments qui « sortent de l’écran », toujours une image assombrie par contre… Préférez la version « 2D » qui vous reviendra moins cher !

Aussi bon que les deux premiers, Toy Story 3 s’élève au rang de chefs d’œuvre de films d’animation s’adressant aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Un voyage trop court dans ce pays où chaque jouet a son petit bout de vie, où chaque jouet devient acteur, comique, vecteur d’émotions, le temps de nous faire rêver dans un univers qu’on aimerait réel…

Toy Story 3

Dans Animation, Comédie, disney, Drame, Pixar le 30 juin 2010 à 00:35

Film américain, sortie le 14 juillet en France.

Avec les voix de Tom Hanks, Tim Allen, Ned Beatty, Joan Cusack, Michael Keaton, Timothy Dalton…

Musique de Randy Newman.

Le film, sorti le 18 juin aux États-Unis, en est à 227 millions de dollars de recettes.

J’ai pas aimé

Dans Animation, Comédie, disney, Drame, Pixar le 30 juin 2010 à 00:31

Les studios Pixar ont toujours eu les faveurs du public, mais là, il faut avouer que Toy Story 3 arrive après du très lourd, en l’occurrence les chef-d’oeuvres que sont Wall-E et Là-Haut, et qu’en plus il est le dernier opus d’une franchise (la seule franchise à ce jour de Pixar, jusqu’à ce que Cars 2 sorte l’année prochaine) qui a changé radicalement le monde de l’animation en mettant sur orbite les films en 3D.

«Obligation de verser une larme

Avec ce double héritage, inutile donc, de dire que Toy Story 3 était très attendu. On retrouve la bande de Woody et Buzz réduite au strict minimum des principaux héros des deux premier opus: Rex, Bayonne, Jessie, et les Mr et Mme Patate. En effet, Andy a grandi, il s’apprête à aller à la fac, et il a jeté ou donné pas mal de ses jouets en chemin. Ce ressort scénaristique assez facile permet surtout de faire de la place aux nouveaux personnages qui vont apparaître. Mais il est tout de même plutôt bien exploité, et sert surtout à faire entrer le film dans la tonalité mélodramatique qui sera le trait plus que marquant de Toy Story 3.

Dès le début, on veut tout de suite nous faire sentir qu’on est dans un film triste, à coups de flash-backs d’instants joyeux, de musique larmoyante, et de pingouin trop vieux qui ne sait plus couiner. Et c’est le problème. Le thème des jouets qu’on laisse derrière était déjà présent dans les deux premiers épisodes, et  qu’il le soit dans le troisième n’est pas un problème en soi, mais là, on se sent parti avec une obligation de verser une larme avant la fin du film.

Heureusement, tout le film n’est pas qu’un tire-larmes horrible qui ferait passer Là-Haut pour un farce paillarde. La bande de Woody et Buzz trouve refuge dans une garderie tenue façon pénitencier par le redoutable Lotso, ours en peluche handicapé, et c’est sûrement le seul segment du film qui, en plus d’échapper au mélo, touche juste en reprenant les codes du film de prisonniers. On se retrouve alors avec un mélange du Pont De La Rivière Kwai, La Grande Evasion puis de Prison Break dans lequel les personnages peuvent utiliser toute leur dimension comique. Malheureusement, ça ne va pas bien loin et on retombe vite dans un schéma déjà vu dans les deux premiers Toy Story avec la course-poursuite/retour chez Andy, la réconciliation des jouets, et surtout, surtout, le retour au mélo avec une fin insupportable pendant lesquelles ce brave Andy, 17 ans va dire au revoir à ses jouets pendant ce qui semblera une éternité.

« Après Wall-E et Là-Haut, Pixar ne pouvait que faire moins bien…»

C’est sûrement ça le problème de Toy Story 3. Au final, on a l’impression de voir un film qui veut faire pleurer ses spectateurs à tout prix entrecoupé d’une séquence de divertissement sympathique mais sans grande originalité. Là-Haut avait cette grande qualité d’être un film profondément peu joyeux (et c’est un profond euphémisme) sans qu’on aie l’impression d’être pris en otage. Là, le film insiste lourdement, encore, encore et encore, et essaie de faire passer la pilule avec du comique plus ou moins lourd (attention à la séquence où Buzz change de nationalité). Mais bon, mettons qu’après deux chef-d’œuvres, Pixar ne pouvait que faire moins bien.

C’est un petit peu dommage pour la seule franchise du studio qui aurait mérité mieux qu’un travail un peu bâclé et conventionnel.

A noter que le court-métrage présenté avant le film, Jour&Nuit est, lui, tout ce qu’on attend de Pixar. Un poétisme non-lourd doublé d’une trouvaille formelle absolument géniale.

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